Chauve qui peut

Aujourd’hui, on va parler d’autre chose. D’un truc un peu plus personnel que mes nerderies habituelles, parce que pourquoi pas, j’avais envie de m’exprimer sur un sujet assez peu commun (Mais bon, on me dira que c’est peut-être qu’il y a une raison à ça). Je vais parler… de mes cheveux.

Ou plutôt, de leur absence.

Un peu d’histoire : Vous connaissez le topo, c’est un truc principalement d’homme, qui se transmet de façon héréditaire, et causé en partie par un trop plein de testostérone et tout un tas d’autre chose (STRESS). Fort heureux de ma grande virilité et d’au moins 2 générations précédentes de dégarnis du bulbe du côté paternel, c’est à partir de 18 ans que le drame trans-générationnel me percuta en plein vol. Petits poils partis trop tôt.

Pourtant, avant ça, j’avais de l’ambition : avoir… la coupe du gars lambda à moitié négligé avec cheveux gras presque long jusqu’aux épaules. Ce que j’avais commencé à avoir aux alentours de 16 ans. Puis, à 18 ans, la révélation : les tempes se font la malle, oups. Petit à petit, l’écart s’est creusé, le dessus est attaqué, ne laissant que les flancs ; m’obligeant à revoir mon plan d’attaque – comprendre par-là, commencer à couper très court et de façon uniforme.

Tentant désespérément de sauver la mise, je suis fatalement passé par la case « traitement » par divers produits pour au moins ralentir la chute. J’ai tenté plusieurs années comme ça. Je ne sais pas si ça a vraiment marché, si ça aurait été pire sans. Et au final… J’ai abdiqué. Quoique je fasse, je savais que ça ne serait que retarder l’inévitable. Pas de renouvellement, j’ai assumé ma tare jusqu’au bout, et j’ai progressivement raccourcis ma tentative de coupe de cheveux en passant définitivement par la case tondeuse en rase motte, voir la technique du « tout doit disparaitre » encore récemment.

Mais voilà, le souci, c’est… L’assumer. Bien le vivre. Se dire qu’on est mieux comme ça. Sur le papier, c’est facile, la vie est belle. Dans la pratique… beaucoup moins.

Ça serait mentir de dire que je le vis totalement sereinement à l’heure actuelle. Oui, ça reste (et restera) toujours une préoccupation dans un recoin de ma tête. Paraît qu’on est tous comme ça dans ce genre de situation. Soit.

D’un côté, ça va quand même. Dixit ma génitrice, j’ai la chance d’avoir une belle forme de crâne, permettant d’avoir l’air décent une fois rasé. Ce qui n’est pas totalement faux dans l’absolu, je ne compte plus les confrères capillaires qui n’ont malheureusement pas eu tout à fait la même chance à ce niveau et se tapent des crânes aux formes… qui ne me conviennent pas, on va dire. Carré, à moitié long/ovale. Finalement, je ne suis pas trop à plaindre. Et puis, j’avoue, le gain de temps le matin sous la douche, autant dans le nettoyage que dans le séchage : un truc sur lequel je ne crache jamais, pour le réveil difficile que je suis devenu en vieillissant.

De l’autre, la raison de ce pseudo mal-être me semble assez simple : comme beaucoup d’autres problèmes physiques sur lesquelles les gens peuvent complexer, la base vient… de l’image renvoyée par notre société moderne.

Oh, ça y est, tout de suite les grands mots, dramatise pas non plus. C’est vrai, il y a pire comme représentation physique déformée par la société (comme les problèmes de poids – surtout chez les femmes et l’obsession du corps mince, mais ça me concerne aussi), mais, à une échelle moindre, le constat est le même : j’ai l’impression que l’homme dégarni/chauve n’existe pas. Ou pas représenté comme une simple et autre façon de présenter sa tête. Attendez, je m’explique.

Prenons un exemple tout simple : tapez « Magazine homme /men » (pour avoir les deux variantes) sur Google Image et constatez la chose avec moi : le ratio d’homme dégarni/chauve est très faible, voire inexistant (Et on pourra diverger sur le fait qu’il y a majoritairement que des blancs/bruns, mais SOIT, autre sujet épineux). Après, je ne lis pas ce genre de magazine, peut-être qu’il y a davantage d’exemples contraires si je suivais ça assidument, mais c’est ce que je constate ici et là, et pas que dans ce milieu : ça me renvoi l’image qu’on est très peu représenté, voir à se demander si ce n’est pas fait exprès.

L’effet ? L’impression que c’est peut-être mal vu, que c’est négligeable/oubliable pour beaucoup, voir simplement que c’est une tare. Comme un truc qu’on n’a pas trop envie de montrer parce que c’est la lose de l’avoir, surtout en première page. Toujours par le prisme de ces magazines, ça donnerait presque l’image de ne pas avoir les mêmes chances au niveau relationnel/sentimental, de ne pas être vu de la même façon. Parfois, dans certains cas, je ne peux difficilement m’empêcher de me dire « J’ai envie de plaire, mais il y a cet autre mec là-bas, qui est mieux taillé que moi, et qui a des cheveux, lui, au moins. Autant dire qu’il n’y a aucune chance de s’imposer ».

Je ne dis pas que ce ressenti est juste et proche de la vérité, mais difficile de ne pas y penser constamment, de l’image qu’on renvoie aux autres. D’autant plus qu’un mec chauve, dans la culture populaire, ça renvoie à son tour un gros lot de stéréotype, d’idées reçues… Ce qui n’aide pas, vous en conviendrez.

Quelques exemples, en vrac : au ciné, dans le jeu vidéo et j’en passe, quand on parle de chauve, on pense par exemple à des stéréotypes « militaires » – parce que les cheveux dans les yeux pour flinguer tout ce qui bouge, c’est pas pratique, m’voyez. De l’assassin comme Code 47 dans Hitman au héros des « Transporteur« , on retombe souvent sur le cliché du gars très froid, qui ne parle pas des masses et pas très sociable par extension. Puis à côté de ça, on pourrait donc citer tout pleins de personnages de jeux vidéo, militaire donc (Du moins, des jeux qui implique un univers réaliste, typé action), qu’on a longtemps joué, encore aujourd’hui (parce que toujours à la mode).

Prenez donc Max, de Max Payne 3 et sa nouvelle coupe (pour marquer son changement de comportement, son alcoolisme prononcé, sa déchéance), ou le sergent Cortez de Time Splitters 2/3, lui, à jamais dans mon cœur (Avec Marc Alfo par extension, fatalement). Et on pourra ajouter l’aspect guerrier, plus « primaire », avec Kratos, le héros des God of War. Bref, l’impression que ça renvoi aussi l’idée d’une « brute » (si le reste du physique suit), pas forcément très fin.

Parfois, ça sert de ressort humoristique : dans One Punch Man, le héros souhaite devenir un super héros. Il décide de suivre un entrainement sportif classique mais extrêmement intensif. Résultat : il devient rapidement super fort (Il bat ses ennemis en un coup, d’où le titre) et devient par la même occasion… chauve. Comme ça. Et du coup, on se fout un peu de sa gueule.

Ou alors, plus simplement… Ca renvoi à un vrai problème de santé. La chevelure de Lex Luthor dans Superman, Heisenberg dans Breaking Bad, Charles Xavier chez les X-men ; difficile – autant dans la fiction, que dans la réalité – de ne pas penser à cette angle là quand on parle d’un chauve à priori normalement constitué. Lol il a le cancer, qu’il disait.

Bref, c’est pas si simple que ça dans la pratique.

D’un côté, on peut bien le prendre, se voir comparer à de faibles chevelus connus, ça peut être rigolo (Qu’on voit le héros de One Punch Man en moi, dans un sens, c’est fun), de l’autre, ça donne l’impression qu’on ne voit que ça chez soi. Je ne vais pas en vouloir aux gens que je connais qui feront des vannes plus ou moins volontaires sur le sujet (tout dépend de la lourdeur de la chose), c’est plus ce qu’il y a autour qui peut poser problème.

Des fois, on se sent un peu con parce qu’on n’a pas trop le choix des armes. Tu veux varier ta coupe, comme ça ? On peut toujours laisser pousser un peu ce qui reste, mais pas trop, parce que ça rend rapidement très mal, qui renvoi du coup un côté « j’assume pas/négligé dégueulasse ». Tu as envie de changer de coupe suite à un coup dur, pour te sentir différent ? Passer de 4mm inégalement réparties à 0, ça se voit, mais c’est pas franchement très impressionnant. On fait avec les moyens du bord, quoi.

Au final, je crois que cet article ne va pas aboutir sur grand-chose de plus si ce n’est « vous voyez, vous, là-bas, vous vous moquez, mais sachez qu’au fond, on souffre en silence et que ce n’est pas tous les jours la fête à ce sujet » et que ça ne nous avancera pas plus au final. Mais eh, pourquoi pas ?

À propos de Pso

Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.
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Une réponse à Chauve qui peut

  1. Ramou dit :

    Je savais que ça te bouffait ce sujet mais peut-être pas à ce point. Merci pour ton partage.

    (Secrètement, je t’envie un peu : l’aspect physique que cela peut apporter me dérange pas plus que ça, si ça ne m’arrangerait au contraire (jouer sur le fait que l’association qu’une certaine partie des gens ont et tourner ça à son avantage). Et surtout le côté pratique, moins de temps à passer dans la salle de bain et les économies en coiffeur/shampooing…)

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