Sekkô Boys, la série qui ne me laisse pas de marbre

Parfois en prenant certaines séries un peu au pif au détour d’une nouvelle saison (alors qu’on a déjà 150 trucs en retard à côté, mais chut), on tombe parfois sur de chouettes surprises. Pourtant, dans le fond, l’image promotionnelle ne donnait pas forcément méga-envie, le pitch n’était pas spécialement motivant – encore plus quand ça touche certains thèmes très japonais qui ne m’intéressent pas spécialement et même le design te branche pas trop. Puis un jour, une occasion quelconque se présente d’y jeter un œil plus concret et paf, sans crier gare, surprise : « Mais attends, c’est pas si mal. Je lance l’épisode 2 ? ». Et quelques semaines plus tard : « Mais attends, c’est déjà fini ? Je pleure pour une saison 2 ? ». Moi, ma surprise, elle s’appelle Sekkô Boys.

On y suit Miki Ishimoto, une jeune femme qui, après avoir loupé sa vie d’artiste, va devenir une manager d’idol, ces boys/girls bands japonais. Toute contente de son nouveau poste qui pourrait lui ouvrir l’accès à pas mal de chose dans sa vie à tous les niveaux, c’est avec un certain étonnement et une incompréhension qu’elle se rend compte qu’elle va gérer des idols… en plâtre. Des bustes. Des bustes de personnages célèbres de notre histoire, en pur plâtre, qui chantent de la J-Pop !

Saint Georges le pourfendeur de dragon, Julien de Medicis l’homme d’Etat italien du 15ème siècle (!), Mars le Dieu Romain et Hermès le Dieu Grec ; tel est la composition du groupe Sekkô Boys… que devra supporter notre Miki, puisque malgré leurs origines, nos statues de plâtre ont bien du mal à se gérer elles-mêmes, ainsi leur carrière, occasionnant de nombreuses péripéties.

Et qu’est-ce que c’était bien.

Sekkô Boys n’est pas une série, dans le fond, « hilarante » à proprement parler. C’est une série vraiment drôle et fun jusqu’au bout, mais on la regarde davantage avec un grand sourire amusé tout le long accompagné de quelques rires francs. Les gags et les touches d’humour y sont un peu plus subtils qu’ailleurs en fait. Oh, c’est pas intellectuel non plus, hein. C’est très absurde – pas trop référencé pour une fois (Joie !) et donc très japonais. Mais la série a sa petite touche perso, et verse pas forcément dans le gag bien gras.

Outre l’absurdité du concept et la façon dont il est assumé (Ca me fait toujours marrer de voir ces statues boires, téléphoner ou même faire les courses) et exploité (On y découvre d’autres statues parlantes, même chez les idols), la série joue aussi sur l’aspect « physique » de la chose. C’est-à-dire que souvent, des petits gags visuels se construisent autour du fait que les statues se déplacent très peu d’elles-mêmes, pour d’évidentes raisons. Là où ça devient très marrant à regarder, c’est la façon dont ces statues apparaissent à l’écran : un peu dans un délire « 1,2, 3, Soleil », la série aime bien déplacer ses personnages… en hors champs.

Ça donne des passages très funs : notre groupe est en train de manger/boire quelque part, et un des personnages mange comme un cochon. Sauf qu’on ne le voit pas manger à proprement parler (Une statue en plâtre, manger ?), ni même bouger. En fait, à chaque fois qu’on change de plan, et qu’on revient sur lui juste après, on se rend compte qu’il en fout toujours un peu plus partout, de façon totalement absurde, avec l’exacte même pose, le visage rempli de crème.

Difficile à bien décrire, mais c’est l’idée : c’est un jeu de petits détails, de position, comme ça par moment, où pas grand-chose change d’un plan d’un perso au même « plus tard », mais qui crée un décalage rigolo (En plus du simple fait que ce soit des statues) avec la situation. C’est un peu ça la « subtilité » dont je parlais. Ça en fait pas des caisses, mais ça te laisse ce fameux sourire en continue, et ça c’est cool.

Et puis, je crois qu’en plus de ce léger humour, j’aime bien l’univers du truc, le concept et les personnages. Mine de rien… oui, le concept est absurde, oui, ça n’a aucun sens dans le fond, mais… On s’attache à ce petit groupe, je crois ? Ouais, totalement. Si je m’attendais à ça.

Suivre les aventures des 4 membres avec parfois un peu de leurs vies personnelles (Saint-Georges qui déprime un peu parce qu’il se rend compte qu’il est grave ennuyeux en public !), leurs vies d’idols (Leurs premiers rôles au cinéma, loin de ce qu’ils imaginaient) et comment les deux s’entremêlent (comme le fameux épisode où ils doivent gérer les « potins » et autres scandales qui touchent les célébrités) ainsi que les déboires qu’ils font parfois subir à leur manager Miki qui gagne tout le long en assurance, c’est si bon, si drôle, et si attachant.

Et même si ça reste léger, il y a bien une petite trame qui se met en place, on n’est pas dans une série où presque tout est déconnecté parce que tout est là juste pour le lol. La série arrive parfois à se poser, à faire passer quelque chose, et ça, c’est franchement appréciable, j’aime bien quand il y a un minimum de cohérence et d’enchainement dans ce que je regarde.

(Non, non, je ne vise personne)

(EN FAIT, SI)

Malgré tout, la série n’est pas excellente. Plus précisément, son gros défaut (et qui, je pense, empêche le reste de vraiment décoller malgré l’amour que je lui porte) : sa durée. Parce que oui, je n’ai pas encore précisé son format : Sekkô Boys est une série de 12 épisodes – ce qui n’est pas énorme mais ça va sur le papier – mais d’une durée de… 7 minutes l’épisode. Attends, quoi ? Quel est ce format de l’absurde ? Comment pouvait-on espérer développer ce que l’on voudrait avec quelque chose d’aussi court ?

Tout cumulé, on va dire que ça fait 4 épisodes (A peine) en format standard de 20min. Quatre. Episodes. C’est ridiculement court. Et ça joue beaucoup sur le reste : j’aime la série, je l’adore et je veux une saison deux, mais si j’en ressors assez « frustré », c’est parce que le format empêche la série de bien prendre ses aises. Les gags et leurs chutes mettent parfois tout juste le temps de se mettre en place que… l’épisode est fini. Déjà ? Souvent, j’ai apprécié l’épisode, la chute finale était vraiment drôle, mais je ressentais aussi l’impression qu’on était juste à la moitié de l’épisode, que c’était juste le « premier gag », qu’on allait passer à la suite.

« Oui, c’était fun, maintenant, la suite de l’épisode après la page de pub ? »

Ah, non, c’est fini. Bon sang, quel gâchis ! Surtout quand certains épisodes – assez rare, mais quand même – te laissent un peu sur ta faim parce que « l’unique » vrai gag de tout l’épisode était… trop japonais pour être pleinement appréciable. Au mieux, pas si drôle qu’escompté. Ce qui n’aurait pas été gênant dans une série classique (« on passe au suivant »), devient un peu dommageable ici.

Mais bon, c’est un fait, j’ai kiffé. Le générique est génial, hyper catchy (S.E.K.K.O. B.O.Y.S, SEKKO !), c’est bien réalisé, les différentes personnalités du groupe sont toutes appréciables et complémentaires et on trouvera forcément son favori dans le lot. Et pour moi, c’est l’évidence même.

Saint-Georges, best boy.

Allez-y, c’est du bon, et ça ne prend pas trop de temps. Et c’est dispo gratuitement sur Crunchyroll, qu’est-ce que vous attendez ?

À propos de Pso

Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.
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