Trois jeux, trois façons d’avoir la rage avec le sourire

Comme je le disais dans mon premier article, je ressens moins l’envie de jouer aux jeux vidéo au fil du temps qui passe. Pas que je n’aime plus ça (même si la direction que ça prend à plusieurs niveaux m’ennuie profondément), mais j’ai bien plus de mal à me lancer dans de bon gros jeux qui vont me bouffer de nombreuses heures de ma vie pour en voir le bout. Pourquoi ? A vrai dire, je ne sais pas exactement pourquoi, si ce n’est peut-être la sensation de perdre mon temps, que je pourrais faire quelque chose de plus constructif. Quoi donc ? A vrai dire, j’en sais rien non plus. Histoire sans fin.

A côté de ça, la scène indépendante du jeu vidéo propose dans un sens une solution à mon problème. En ce moment, 3 jeux tournent assez régulièrement quand j’ai le temps de me poser, entre quelques lectures de comics, de remplissage de paperasse administrative et de séries TV rattrapées. Trois jeux qui n’ont l’air de pas grand chose à première vue, mais qui ont réussis à m’accrocher, à me donner envie de relancer inlassablement une petite partie « pour la route », parce que « j’avais 10/15 minutes devant moi ». Si peu ? Je me rends compte maintenant qu’il me faut quelque chose de rapide, de concret; qui ne perd pas de temps. Ca tombe bien, il y a un genre qui a le vent en poupe: le rogue-like.

Pas vraiment un certain type de gameplay à proprement parler (J’y reviendrai dans mes exemples), mais des mécaniques bien précises: Essayer d’avancer dans une succession de niveau d’une traite jusqu’au boss final, en récupérant de façon aléatoire l’équipement nécessaire à une bonne progression sans encombre: armes, protections, de quoi se soigner si besoin, et j’en passe, le tout parfois avec une petite dose de gestion d’XP. Et puis surtout, la grosse composante du genre: l’immense difficulté liée au hasard permanent de ces jeux. Les ennemis ? On ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber. L’équipement ? Il faudra alors toujours croiser les doigts pour espérer tomber sur une bonne arme qui fera masse de dégât. La configuration du niveau ? Au pif. Les objets de soin ? AU PIF, T’ENTENDS ?

Bref, contrairement à ce que dit l’expression: tout est laissé au hasard, et démerde-toi avec. Viens avec tout ça son lot de rage, de hasard qui tombe bien, et de parties qui recommencent inlassablement jusqu’à que la chance nous sourit. Bienvenue dans le monde merveilleux des rogue-like indé’.

Crypt of The Necrodancer

Sans doute le plus complet et subtil des 3, et peut-être même celui qui nécessite le plus gros investissement. Rien que ça. Et même si je l’aime, c’est peut-être celui avec lequel je joue le moins. Mais…

Crypt of The Necrodancer (CotN, sinon je vais pas y arriver), est un jeu de rythme, avec une composante Rogue-like, donc. Et ça change un peu tout. Si la musique est bien évidemment toujours présente et au coeur du gameplay, cette fois-ci on jouera non pas sur l’air de la musique (comme on le ferait sur, genre, un bon vieux Stepmania des familles), mais bien sur son tempo (Ou le vrai nom que vous voulez, en fait j’en sais rien, je suis pas musicien). Oui, les petites barres sur les images, c’est le tempo à respecter, en appuyant sur les touches lorsqu’ils atteignent régulièrement le coeur au milieu.

On explore, combat, se soigne au rythme (Ou le terme que vous voulez, bordel) de la musique, sous peine de se voir pénaliser à plusieurs niveaux si on foire son tapotage de touche en rythme: des mouvements interrompus (Important pour gérer les esquives, mine de rien) ou bien le bonus d’argent lié au bon respect de ce même tempo qui s’annule. Ca commence à devenir technique, ouaip.

CotN est un chouette jeu. Très dur (ça reviendra souvent dans cet article), mais suffisamment différent de ses copains pour tirer son épingle du jeu et donner envie de progresser. Car à la différence des deux autres jeux ci-dessous, c’est effectivement le plus technique des 3 à mes yeux – bien que les autres ne soient pas en reste non plus: garder le sens du rythme (on se surprendra alors à recompter le tempo pendant qu’on joue pour vérifier que le cerveau suit bien la marche), observer la construction du niveau, la position des ennemis et leurs déplacements (eux aussi en rythme, donc faut bien s’accorder pour leur latter la tronche et pas se prendre un retour de flamme) tout en gérant son équipement, les objets trouvés/achetés ici et là… C’est clairement pas évident. Prenant, mais peut être très vite prise de tête, je le conçois.

D’autant plus qu’il y a LA motivation supplémentaire, qui me pousse à retenter une partie ou deux pour la route: les musiques personnalisées. Et là, je dois dire que les versions consoles perdent un sacré atout, une partie du fun du jeu vient de là. Si le tempo est bien détecté (même si ça peut se régler manuellement si besoin), pouvoir parcourir cette crypte malfamée sur ses propres musiques, en choisissant des trucs bien rythmés, bien décalés ou totalement dans l’ambiance, c’est vraiment un gros plus. Une poignée de remix de musiques d’Undertale, le rap de Deadpool à l’occasion du film et j’en passe, ça le fait tellement bien.

Attention ! La bande-son par défaut est… excellente aussi. Vraiment. De la bonne musique électro/rock qui tabasse bien les oreilles, j’en veux tous les jours des comme ça. On sent bien comment les musiques ont été conçu autour de ce gameplay et on reste presque admiratif devant le boulot abattu. C’est parfaitement huilé, c’est entraînant et bien rentrer dans le flow de la musique se ressent sur notre façon de jouer. D’où le choix important d’une bonne musique bien rythmée ingame.

Disons que, pour finir, le jeu est tellement difficile qu’à force de faire 10 fois d’affilés le premier niveau parce qu’on n’arrête pas de mourir bêtement, c’est sympa de pouvoir se changer les idées, à défaut de jeu. Bah ouais.

Downwell

Il n’y a pas grand chose à dire sur ce petit jeu. Si ce n’est qu’il est drôlement sympathique. Il ne va pas forcément très loin dans ce qu’il propose, mais il le fait bien, de façon très carré. Puis il coûte 3€ sur Steam, ça reste raccord avec l’expérience proposée.

Downwell est un jeu où l’on chute. Où l’on doit chuter pour réussir. Plus précisément, notre petit personnage doit tomber dans un puits, et en atteindre son fond. Un puits très, très profond, à en croire les niveaux du jeu.

Ca se présente comme une sorte de shoot-them up mâtiné de plate-forme. Des ennemis se trouvent sur notre chemin, des ennemis qu’on peut éliminer parfois en sautant/atterrissant dessus (Mais ce n’est pas toujours possible, symbolisé par leur couleur), parfois en tirant dessus, vu que c’est une des capacités de notre personnage. A côté de ça, on récupère des cristaux qui servent de monnaie pour acheter des améliorations dans les magasins (Bien foutu le puits). A chaque changement de niveau, on peut obtenir une amélioration, au niveau de l’arme de notre perso, sa vie, un objet pour lui faciliter la descente…

Voilà, comme je le disais, c’est très simple. Très épuré de toute mécanique superflue, le concept même du jeu est très simple à prendre en main, et je me suis très vite pris au jeu, à vouloir descendre toujours plus loin, toujours plus profondément. Le jeu est très difficile, sans trop de surprise. Ca va très vite, les bons réflexes deviennent très vite nécessaire puisqu’il faut sans cesse anticiper la chute de son perso, et atterrir au bon endroit. Le tout en gérant bien ses munitions (Munitions illimitées, mais dont il faut prendre en compte le temps de recharge), son type d’arme (donc le mode de tir, qui peut être plus adapté qu’un autre selon le niveau et les ennemis rencontrés) et autre bonus acquis. Rarement injuste, le jeu est juste assez vite exigeant.

C’est donc 3€ bien dépensé, qui meuble lui aussi bien les petites tranches de temps libres. Et pour ceux qui en possèdent un, le jeu est même très fun à jouer… au stick arcade. C’est absolument pas nécessaire et je pense pas que ça apporte réellement quelque chose, mais je dois reconnaître que c’est foutrement agréable à jouer comme ça (Sans doute son petit côté shoot qui sonne très « arcade »), même si ça n’utilise qu’une seule touche. Un stick déjà bien rentabilisé, ‘y a pas à dire.

Nuclear Throne

Probablement, à la fois mon préféré, et celui qui me donne le plus envie de tout casser chez moi.

Ca se présente assez simplement: shooter 2D vue de dessus où le but sera d’atteindre, en enchaînant plusieurs niveaux, le trône nucléaire, sans qu’on ait de contexte précis. La encore, tout l’univers du jeu est très minimaliste, il ne tente pas de s’encombrer d’une quelconque narration pour expliquer le pourquoi du comment. On s’en bat les couilles. Une belle brochette de personnage jouable tous très différents (chacun ayant une capacité spéciale propre à chacun, quasiment tous utile à leur façon), pour un même but. Entre le choix du perso, et le trône ? Des hordes d’ennemis qui veulent vous stopper. Des tonnes. Du loot d’armes. Des pièges. Des larmes. Beaucoup de larmes. Vos larmes.

Nuclear Throne est un jeu incroyablement difficile. Sans doute trop, et qui aura un jour raison de ma santé mentale, le jeu ne laisse absolument aucun répit au joueur, jusqu’aux limites de l’absurde. Le rythme est effréné (le mot est faible), il n’y a aucun temps mort et quand on en vient à se dire que « là », ça va peut-être se calmer, qu’on a vu le pire, le jeu trouve toujours le moyen d’en rajouter une bonne grosse couche. Tout s’apprend par l’échec, dans la souffrance, sans négociation possible. C’est à la fois une bonne chose, et de l’autre, on se dit que ça serait pas du luxe de… nous expliquer un peu les règles ? Le jeu, en dehors de sa difficulté propre, est frustrant parce qu’il n’explique rien au joueur. Que ça soit l’utilisation de certaines armes, de capacités spéciales d’un personnage ou même l’accès à certaines zones, tout est tourné pour en dire le moins possible au joueur. Le pire dans tout ça, c’est quand on se rend compte qu’il est impossibile de deviner certaines choses/mécaniques du jeu sans aller consulter le Wiki (très bien foutu au passage) du jeu, c’est qu’il y a un soucis dans sa conception.

Mais voilà, je l’aime quand même ce jeu. J’arrête pas d’y revenir, et j’hallucine à chaque fois quand je vois le nombre d’heure passé dessus, avec toujours cette envie d’y revenir, même si au final, comme bien d’autres jeux, je sais clairement que je n’atteindra jamais la fin/débloquerait tout le contenu. Si on exclu cet aspect « infinissable » (et ses quelques soucis de finition provoquant des plantages pour tout et pour rien), ça reste un jeu très fun, bien huilée à la rejouabilité presque infinie, parce que « une petite partie comme ça pour voir où je peux arriver », ça ne se refuse jamais. Et en plus, même si ça commence à devenir bien bordélique: le jeu est jouable à deux, et ça fonctionne même pas mal. C’est encore plus difficile, mais autant souffrir à deux tant qu’à faire.

Et SURTOUT: la bande-son est incroyable. Le coup de gratte hypnotique du thème principal, le rap entraînant d’un des niveaux secrets ou même le thème à la fois calme mais pesant de l’inévitable niveau de glace, la bande son regorge de petites pépites en tout genre. Et rien que pour ça, ça calmerait presque ma rage après une bonne défaite des familles.

D’ailleurs, je finis cette article de la façon la plus sale qui soit, et je file me faire une petite partie, parce que cette fois, c’est la bonne !

À propos de Pso

Batman, c'est un peu mon Avengers préféré.
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